Les épreuves concours interne de capitaine SPP

Les capitaines ont vocation à exercer des fonctions d’encadrement et à assurer la direction de bureaux ou de services. Ils peuvent se voir confier des missions d’expertise, des études ou des fonctions comportant des responsabilités particulières dans tous les domaines entrant dans les compétences de l’établissement public.

Ils peuvent plus particulièrement occuper les emplois suivants :

  • Officier de garde,
  • Chef de bureau en centre d’incendie et de secours,
  • Chef de colonne,
  • Officier expert,
  • Adjoint au chef de services,
  • Adjoint au chef de centre d’incendie et de secours,
  • Chef de centre d’incendie et de secours (effectif de SPP supérieur à 30),
  • Adjoint au chef de groupement,
  • Chef de service (effectif d’agents supérieur à 15),
  • Chef de groupement (départements de catégorie C dont l’effectif de référence, tel que défini par l’article R.1424-23-1 du code général des collectivité territoriales, est inférieur à 400 SP).

Les épreuves du concours

Le concours interne de capitaine, prévu à l’article 5 du décret n° 2016-2008 du 30 décembre 2016 , comporte une épreuve d’admissibilité et des épreuves d’admission.

L’épreuve d’admissibilité : la rédaction d’un rapport

  • Durée de l’épreuve : 4 heures ;
  • coefficient 4

L’épreuve d’admissibilité consiste en la rédaction, à l’aide des éléments d’un dossier soulevant un problème d’organisation ou de gestion rencontré par un service départemental d’incendie et de secours, d’un rapport faisant appel à l’esprit d’analyse et de synthèse du candidat, à son aptitude à situer le sujet traité dans son contexte général et à ses capacités rédactionnelles, afin de dégager des solutions opérationnelles appropriées

Objectif de l’épreuve : apprécier la cohérence du raisonnement et la qualité d’expression du candidat

Cette épreuve vise à évaluer notamment les capacités du candidat à :

  • analyser un dossier afin d’en identifier les éléments utiles au traitement du sujet ;
  • mobiliser son expérience et ses connaissances des missions, compétences et moyens d’action des SDIS pour proposer des solutions réellement opérationnelles,
  • organiser méthodiquement les informations nécessaires à la rédaction du rapport ;
  • produire en un temps limité un document synthétique parfaitement compréhensible.

Format de l’épreuve :
Le sujet est présenté sous forme d’un problème qui met précisément le candidat en situation, en lui donnant notamment des informations sur le SDIS concerné.

Le sujet indique précisément la ou les questions que le rapport devra traiter et invite le candidat, en fonction de la situation décrite, à dégager des solutions opérationnelles adaptées au problème posé.

Elle est suivie d’une liste signalétique des documents au dossier, mentionnant le titre, l’auteur, la source, la date et le nombre de pages de chaque document.

Le dossier rassemble une dizaine de documents et comporte une trentaine de pages. Il est composé de documents de nature (documents juridiques, documents officiels, articles de presse spécialisée ou non…) et de forme (textes, documents graphiques ou visuels…) variées dont le candidat doit mesurer l’importance relative. Si des informations peuvent être redondantes d’un document à l’autre, aucun document n’est jamais totalement inutile, le dossier ne contenant pas de document piège.

Le candidat devra donc être attentif à ne négliger aucun élément du dossier afin de ne pas omettre d’information essentielle.
L’épreuve revêt un caractère professionnel affirmé. En effet, l’épreuve de rapport avec solutions opérationnelles impose au candidat la mobilisation de son expérience et de ses connaissances professionnelles.

Cette expérience et ces connaissances sont nécessaires pour :

  • comprendre le contexte décrit et le rattacher le cas échéant à un contexte plus général ;
  • identifier en fonction de ce contexte les informations importantes à valoriser ;
  • proposer des solutions crédibles en adéquation avec les moyens et compétences du SDIS ;
  • élaborer des solutions réalistes ;
  • assurer un caractère opérationnel aux solutions proposées ;

Le problème posé donne la ligne directrice du rapport, sans indiquer de plan à suivre.

Le rapport doit comporter une introduction, qui s’apparente à celle d’une composition ou dissertation (entrée en matière, reformulation du sujet, présentation de la problématique dans son contexte) et doit impérativement comprendre une annonce de plan.

Le développement est organisé en parties et en sous-parties. Le plan est matérialisé par des titres comportant des numérotations en début des parties et sous-parties. La conclusion est facultative. Elle peut toutefois utilement souligner l’essentiel, sans jamais valoriser des informations oubliées dans le développement.

  • Le rapport doit être intégralement rédigé
  • pas de style télégraphique, ‘’prise de notes’’.

Le niveau attendu en matière de maîtrise de la langue (orthographe, syntaxe) est le même qu’en composition ou dissertation. Le style doit être neutre, sobre, précis. Le candidat doit restituer les informations par un travail de reformulation. Il ne peut se contenter de recopier intégralement des parties de textes.
Les citations directes doivent être réservées aux seuls extraits succincts de textes juridiques, documents officiels, prises de position éclairantes de personnalités qualifiées.

Le rapport doit être concis : 6 à 7 pages sont nécessaires et suffisantes

L’épreuve est anonyme.
La composition fait l’objet d’une double correction et il lui est attribué une note de 0 à 20.
Toute note inférieure à 5 sur 20 entraîne l’élimination du candidat de la liste d’admissibilité. En conséquence, seuls peuvent être autorisés à se présenter aux épreuves d’admission les candidats déclarés admissibles par le jury.

Les épreuves d’admission

L’admission comporte une épreuve obligatoire d’entretien avec le jury et une épreuve facultative de langue vivante étrangère.

L’entretien avec le jury

Un entretien avec le jury visant à apprécier les aptitudes du candidat ainsi que sa motivation et à reconnaître les acquis de son expérience professionnelle. Pour conduire cet entretien qui a pour point de départ un exposé du candidat sur son expérience professionnelle, d’une durée de cinq minutes au plus, le jury dispose du dossier constitué par le candidat en vue de la reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle.

Au cours de cet entretien, le candidat est également interrogé sur la place des pouvoirs publics et leur rôle dans les grands domaines de l’intervention publique ainsi que sur des questions relatives aux connaissances administratives générales.

En vue de l’épreuve orale d’admission, le candidat établit un dossier de reconnaissance des acquis de son expérience professionnelle comportant les rubriques mentionnées dans un arrêté du ministre chargé de la sécurité civile. Ce dossier est remis, par le candidat, au service organisateur à une date fixée dans l’arrêté d’ouverture du concours. Le dossier de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle ainsi que le guide d’aide au remplissage sont disponibles sur le site internet du ministère de l’intérieur.
Le dossier est transmis au jury par le service gestionnaire du concours après l’établissement de la liste d’admissibilité. »

Le dossier de reconnaissance de l’expérience professionnelle (REP)

La reconnaissance de l’expérience professionnelle (REP) est un mécanisme d’évaluation et de comparaison des savoirs, des compétences et aptitudes professionnelles, fondé sur des critères professionnels. L’évaluation des acquis de l’expérience permet à un jury de conclure à la capacité des personnes concernées à exercer de nouvelles fonctions et/ou responsabilités et de départager les candidats à un examen ou un concours au vu de ces critères.

Un dossier type est rempli par le candidat. Il sert de support au jury pour conduire l’entretien mais n’est pas noté.

Avant l’oral, le jury prend connaissance du dossier-type renseigné par le candidat comportant une présentation par écrit de son parcours professionnel. Ce dossier doit comporter des informations suffisamment précises sur la nature de l’activité professionnelle passée du candidat et les compétences qu’il a développées à ce titre.

Format de l’épreuve

Tout candidat dispose de la totalité du temps réglementaire de l’épreuve (20 minutes) et l’entretien ne peut éventuellement être interrompu qu’à sa demande expresse. Le candidat n’est pas autorisé à utiliser des documents pendant l’épreuve, ni CV ni aucun autre document. Enfin, le candidat ne se présentera pas à l’épreuve en tenue.

Les attendus de l’exposé :

Le candidat dispose réglementairement de 5 minutes pour présenter sous forme d’exposé son expérience professionnelle, sans être interrompu. Il ne peut utiliser aucun document et doit donc préparer cet exposé. L’exposé sera interrompu par le jury, s’il est inachevé au terme des 5 minutes. Un exposé manifestement inférieur à ce temps pourra potentiellement pénaliser le candidat.

Le candidat doit valoriser les compétences acquises au cours de son parcours professionnel en allant au-delà de la simple présentation de son curriculum vitae. Il est évalué sur sa capacité à rendre compte clairement de ses compétences, de sa formation et à faire comprendre sa motivation pour accéder au grade de capitaine. Un candidat incapable de rendre compte de son expérience professionnelle dans le temps imparti sera pénalisé.
Le jury prend connaissance avant l’épreuve du document retraçant le parcours professionnel du candidat, qui n’est ni noté ni évalué en tant que tel mais constitue pour le jury un outil de suivi de l’exposé et d’aide à la conduite de l’entretien.

La motivation du choix d’accéder au grade de capitaine, la connaissance des différentes missions susceptibles d’être exercées par un capitaine et des différents métiers de son environnement professionnel, la perception d’une évolution professionnelle… sont notamment évaluées au moyen de l’exposé du candidat sur son expérience.

Le jury cherche à évaluer tout au long de l’entretien si le candidat est réellement motivé et prêt à exercer les responsabilités confiées à un capitaine, s’il a un intérêt pour le monde qui l’entoure, à travers sa curiosité intellectuelle et l’ouverture d’esprit. Il sera plus spécifiquement interrogé sur la place des pouvoirs publics et leur rôle dans les grands domaines de l’intervention publique ainsi que sur des questions relatives aux connaissances administratives générales.

L’épreuve permet ainsi au candidat de faire la preuve de sa capacité à :

Gérer son temps :

  • en inscrivant l’exposé sur son expérience et ses compétences dans le temps imparti
  • en présentant un exposé équilibré

Être cohérent :

  • en annonçant un plan d’exposé sur l’expérience professionnelle réellement suivi (concours interne, troisième concours) ;
  • en veillant à ne pas dire une chose puis son contraire ;
  • en sachant défendre ses idées et ne pas donner systématiquement raison à un contradicteur ;
  • en sachant convenir d’une absurdité.

Gérer son stress :

  • en livrant son exposé et en apportant des réponses sans précipitation excessive, sans hésitations préoccupantes ;
  • en sachant garder, même s’il se trouve en difficulté sur une question, une confiance en soi suffisante pour la suite de l’entretien.

Communiquer :

  • en ayant réellement le souci d’être compris, grâce à une expression claire ;
  • en s’exprimant à haute et intelligible voix ;
  • en adoptant une élocution ni trop rapide, ni trop lente ;
  • en s’adressant à l’ensemble du jury sans privilégier abusivement un seul interlocuteur.

Apprécier justement sa hiérarchie :

  • en adoptant un comportement adapté à sa ‘’condition’’ de candidat face à un jury ;
  • en sachant ne pas être péremptoire, excessivement sûr de soi ni contester les questions posées ;
  • en sachant argumenter en cas de désaccord avec le jury.

Mettre en oeuvre curiosité intellectuelle et esprit critique :

  • en manifestant une réelle connaissance de son environnement professionnel au-delà du SDIS ;
  • en sachant opposer des arguments fondés à ceux du jury ;
  • en sachant profiter d’une question pour valoriser des connaissances pertinentes.

L’épreuve orale de langue vivante

  • durée de l’épreuve : 15 minutes ;
  • coefficient 2.

Une épreuve orale facultative de langue vivante étrangère au choix du candidat : allemand, anglais, espagnol ou italien. Le choix de la langue est exercé au moment de l’inscription du candidat au concours.
Cette épreuve consiste en une conversation courante portant sur des situations rencontrées dans la vie quotidienne.

Les candidats choisissent en s’inscrivant au concours de subir ou non cette épreuve, ce choix comme celui de la langue étant définitifs à la clôture des inscriptions. S’agissant du décompte des points de l’épreuve facultative de langues pour le concours interne de capitaine :

Par conséquent, les résultats de cette épreuve sont pris en compte dans la moyenne, quelle que soit la note obtenue.

Références : Note de cadrage concours interne capitaine 2018