Incendie : l’évacuation du public

Les bâtiments et les locaux où sont installés les établissements recevant du public doivent être construits de manière à permettre l’évacuation rapide et en bon ordre de la totalité des occupants.

L’objectif fixé par la réglementation en matière de sécurité des personnes dans les établissements recevant du public est clair ! Malheureusement pour les plus cartésiens, le comportement des occupants d’un ERP ou d’un établissement quelconque lors d’un processus d’évacuation, ne se résume pas à un simple schéma « stimulus=réaction immédiate » ou « alarme=début de l’évacuation »

L’évacuation du public dans les ERP n’est pas simple à appréhender, le déplacement des personnes, considéré comme un flux (vitesse, débit, pression) doit également intégrer le comportement propre des individus et des groupes au sein de l’ERP.

On touche donc à du facteur humain, un domaine pour lequel même les meilleurs logiciels d’ingénierie de l’évacuation ne sont pas adaptés. Un processus qui ne se traduit pas par une équation même complexe, car mettant en jeu nombre de facteurs à la fois psychologiques, sociaux ou environnementaux

Le personnel chargé de la mise en place de l’évacuation du public, se doit de connaître ces différents facteurs qui, dans un moment de confusion générale, vont influencer la réponse des personnes. Lors d’une situation d’évacuation, le personnel chargé de la sécurité pourra être témoin de comportements étranges qui semblent aller à l’encontre de ce que devrait dicter l’instinct de survie : l’alarme retentit et personne ne bouge !

Le terme occupant doit avant tout être défini :
L’occupant se définit en terme d’emplacement, de temps, d’activité et de rôle dans un établissement.

Cette notion d’occupant est intimement liée à l’environnement dans lequel la personne évolue au moment de l’alarme, dans les ERP il s’agit de l’activité même de l’établissement.

 

Chaque élément du système est influencé par un autre, les occupants seront influencés à la fois par l’environnement et par le feu.
Au sein même du public, une personne est susceptible d’être influencée par une autre.
C’est dans ce contexte que doit être placé une personne évoluant dans un établissement en cas d’incendie, et l’optimisation d’une procédure d’évacuation passera aussi par l’utilisation positive de toutes ces interactions.

Les causes d’évacuation

Les évacuations d’établissements en France sont relativement courantes. La majorité d’entre elles sont décidées simplement par précaution sans caractère d’urgence absolue.

Les causes sont nombreuses, il peut s’agir :

  • d’un dysfonctionnement du SSI,
  • d’un incendie et de fumée,
  • d’une action sur un déclencheur manuel,
  • d’une alerte à la bombe, d’une inondation,
  • d’un tremblement de terre ou d’un risque d’effondrement,
  • d’une émission de gaz ou produit toxique,
  • d’un risque quelconque pour les occupants,
  • ou seulement d’un exercice d’évacuation.

Les dégagements

Toute partie de la construction permettant le cheminement d’évacuation des occupants : porte, sortie, issue, circulation horizontale, zone de circulation, escalier, couloir, rampe, etc.

Code du travail

Les établissements doivent posséder des dégagements (portes, couloirs, circulations, escaliers, rampes) répartis de manière à permettre une évacuation rapide de tous les occupants dans des conditions de sécurité maximale.
Ces dégagements doivent être toujours libres. Aucun objet, marchandise ou matériel ne doit faire obstacle à la circulation des personnes ou réduire la largeur des dégagements au-dessous des minima fixés.
Ces dégagements doivent être disposés de manière à éviter les culs-de-sac.

Code de la construction et de l’habitation

Art. R. 123-4
Les bâtiments et les locaux où sont installés les établissements recevant du public doivent être construits de manière à permettre l’évacuation rapide et en bon ordre de la totalité des occupants.
Art. R. 123-7
Les sorties et les dégagements intérieurs qui y conduisent doivent être aménagés et répartis de telle façon qu’ils permettent l’évacuation rapide et sûre des personnes. Leur nombre et leur largeur doivent être proportionnés au nombre de personnes appelées à les utiliser.
Tout établissement doit disposer de deux sorties au moins.

Définitions

Dégagement normal : dégagement comptant dans le nombre minimal de dégagements imposés. Il peut être utilisé par le public lors de l’exploitation de l’établissement ;
Dégagement de secours : dégagement normal qui, pour des raisons d’exploitation, ne sera utilisé par le public qu’en cas d’évacuation ;
Dégagement accessoire : dégagement qui peut être exigé en cas de mauvaise répartition des dégagements normaux ;
Dégagement supplémentaire : dégagement en surnombre par rapport aux dégagements imposés.

Notion d’unité de passage

La largeur de passage des dégagements se mesure en UNITÉ DE PASSAGE (U.P.).

  • 1 U.P. = 0,90 mètre
  • 2 U.P. = 1,40 mètre
  • 3 U.P. = 1,80 mètre

Au-delà de 3 U.P. pour une même sortie, on applique le coefficient de 0,60 mètre par unité.
La largeur de passage est proportionnelle au nombre de personnes appelées à passer.

 

 

Le processus d’évacuation

Chronologie

Le processus d’évacuation passe par une suite d’étapes :

 

Les signaux initiaux mettant en évidence pour les personnes la présence d’un feu peuvent être :

  • Alarme sonore, visuelle,
  • Témoins,
  • Coupures électriques
  • Odeurs de fumée
  • Flammes
  • Arrivée de services de secours
  • Etc.

Quand un de ces signaux atteint un des sens de l’occupant (vue, odorat, ouïe ou toucher), le processus de validation du signal débute. La validation du signal et son efficacité dépendront des caractéristiques personnelles et de l’environnement de l’occupant.

Les différentes actions après validation de la situation

Lorsqu’un individu se rend compte de la situation, c’est-à-dire après avoir interprété le signal, il ne va pas obligatoirement se diriger immédiatement vers la sortie. Des actions préparatoires, de « pré-évacuation » vont être alors exécutées.

Des études menées à l’issue de réelles évacuations ont mis en avant l’ensemble de ces réactions très variées telles que :

  • Prévenir les autres occupants
  • Enquêter sur le feu, le rechercher
  • Attaquer le feu
  • Appeler les pompiers
  • Chercher un extincteur
  • Mettre son manteau
  • Se réveiller
  • Dénier la situation d’urgence et continuer son activité initiale
  • Chercher sa famille ses proches disséminés dans l’établissement
  • Déclencher l’alarme de l’établissement
  • Eteindre les équipements de bureau, enregistrer ses données
  • Aider les autres personnes

Beaucoup de ces actions paraissent irraisonnées compte tenu de la situation, elles ne font que refléter à quel point le public peut sous-estimer le caractère urgent de l’évacuation.

Le déplacement de personnes

Une fois le signal d’alarme validé ainsi que les différentes actions préparatoires exécutées, le public va se diriger vers les issues de secours.

La durée de déplacement correspond au temps nécessaire à une personne pour se déplacer d’un point initial à une zone protégée, ce temps est fonction de la distance à parcourir ainsi que de la vitesse de déplacement.

La vitesse de déplacement du public dépend de :

  • la capacité de déplacement individuelle de la personne,
  • de la nature du dégagement (couloir, escalier, porte etc.),
  • de la densité du public dans le dégagement,
  • de la visibilité,

Le flux de personnes

Le flux de personne est le nombre de personne traversant une largeur de section (porte, point de repère d’un dégagement etc.), par unité de temps.

Exemple : 3 personnes/ m / sec.

Temps nécessaire et temps disponible

La notion de temps est le premier aspect à considérer afin de garantir une évacuation sûre.
Occulter les facteurs humains dans ce processus risquerait d’entraîner une sous-estimation du temps nécessaire à la complète évacuation de l’établissement.

Le temps requis pour l’évacuation tient compte des différentes périodes du processus d’évacuation. Ce temps doit être inférieur au temps disponible pour assurer l’évacuation.

Le temps disponible pour évacuer est la période comprise entre l’éclosion de feu et le niveau critique à partir duquel les conditions sont insoutenables (fumées, chaleur).

Chaque seconde est précieuse

Le trajet des occupants vers les sorties n’est pas la période sur laquelle on peut sensiblement agir. En revanche un important travail doit être réalisé dans :

  • la levée de doute ;
  • la notification de l’alarme au public ;
  • la prise de décision du public.
Le Beverly Hills Supper Club

Le 28 mai 1977 un dramatique incendie ravage le Beverly Hills Supper Club, une discothèque des Etats-Unis. Au total, 165 personnes trouveront la mort dans cette catastrophe. Le bâtiment ne dispose d’aucun système de sprinkler et d’aucun dispositif de détection incendie.
On est samedi soir, il est 20H00, le complexe est saturé en public, entre 2400 et 2800 personnes sont présentes, dont 1300 dans la salle de cabaret assistant au spectacle.
20H35 Un feu se déclare dans la salle Zebra, le feu couve et la température de la salle augmente
20H50 : Une hôtesse d’accueil dans le hall attenant à cette salle inoccupée aperçoit de la fumée se dégageant du dessous de la porte. Elle ouvre la porte et découvre la naissance l’incendie. Elle alerte aussitôt un second employé masculin. Celui-ci demande à une serveuse d’alerter les secours.
21H00 Walter Bailey fait irruption dans la salle de cabaret, monte sur la scène et annonce un début de feu et demande au public d’évacuer. La plupart vont rester en pensant que cette intervention fait partie du spectacle.
21H01 Les services de secours sont alertés.
21H02 Une épaisse fumée noire envahie l’établissement, la salle de cabaret, suivie d’une « boule de feu », un embrasement généralisé de l’établissement. 1200 personnes se mettent à courir, paniqués,surpris, en tentant d’accéder à l’une des trois sorties.

21H15 De nombreux spectateurs sont bloqués dans la salle de cabaret, faisant place à la panique.

21H25 L’incendie continue à se propager et gagne en intensité.
22H15 L’incendie atteint son intensité maximale.
22H40 Les victimes commencent à être dénombrées.
00H10 Les sapeurs-pompiers déclarent un total de 120 victimes.
00H25 Le bâtiment encore en feu s’effondre.

Un temps précieux a été perdu entre la découverte du feu par une employée et l’ordre (inefficace) d’évacuation de la salle. Les spectateurs n’ont pas disposé du temps nécessaire pour évacuer.

Le comportement des occupants

Globalement, le comportement du public est lié à l’activité même de l’établissement : hôtel, maison de retraite, concert, cinéma, centre commercial. D’ailleurs, cette activité, décrite dans la réglementation varie dans le temps :

L’activité d’un hôtel en journée sera différente de son activité nocturne.

De nombreux autres facteurs doivent être considérés pour « comprendre » le comportement du public dans un ERP.

Interaction entre les personnes

La présence d’autres personnes va influencer le comportement et la prise de décision de l’occupant (augmentation des chances de se voir communiquer l’alarme).

Mais, la présence d’autres personnes peut aussi avoir un effet inhibiteur sur le processus de prise de décision :
«Je suis en train de faire les courses dans un centre commercial, l’alarme se met à sonner, personne n’a l’air de vouloir réagir. Dois-je réagir ? Comment ? etc. ».
Il n’est pas rare que les individus dénient la situation, ou ne réagissent pas en attendant une réaction des autres, des consignes, une confirmation ou un ordre d’évacuation, l’alarme étant insuffisante.

Accessibilité visuelle

Dans un cinéma ou un théâtre par exemple, où l’accessibilité visuelle est très grande (chaque occupant peut se rendre compte de ce que fait l’autre), la distribution des temps de réaction est comprise dans un intervalle très faible. Dés qu’une personne réagit, les autres auront tendance à suivre rapidement.

Dans un hôtel par exemple, où l’accessibilité visuelle est très limitée par les cloisons, dans des cabines d’essayage de magasins, il n’y a aucun contact entre les personnes. Dans ce type d’environnement un individu sera moins soumis à l’influence d’autres personnes, sa prise de décision sera alors autonome et personnelle.

Habitude, connaissance de l’établissement

Un visiteur (peu habitué à l’établissement) aura tendance en cas d’alarme incendie, à attendre des consignes venant des chargés d’évacuation ou de la Direction.

L’habitude que peut avoir un employé à évoluer dans l’établissement va influencer sa réponse en cas d’évacuation. L’effet de routine est relativement néfaste au passage en mode urgence.
Durant une évacuation, il est peu probable que les personnes empruntent un accès jamais utilisé auparavant, même une issue de secours proche, le public préférera se rendre vers la sortie habituelle, quitte à rallonger son trajet.

La présence de signalisation des sorties de secours et des accès n’implique pas forcément que les occupants suivent ou même remarquent cette signalisation lors d’une évacuation.

En règle générale, le public n’est pas habitué à l’utilisation des sorties de secours, à moins d’être formés par des exercices fréquents. Le guide-file a ici un rôle très important à jouer, afin d’inciter le public à utiliser un accès peut être moins visible, moins habituel mais plus sûr.

Vigilance

Dans un ERP, l’activité d’une personne va affecter sa vigilance et sa capacité à recevoir des informations extérieures (une alarme par exemple).
Dans certains environnements, le niveau sonore et la présences d’alarmes en tous genres sont tels que, noyé dans un flux d’informations, l’individu ne pourra pas discerner une alarme ordonnant l’évacuation.
Prenons le cas d’un centre commercial, où les bips et alarmes antivol sont fortement présents.
Dans ce contexte, la capacité du public à reconnaître une alarme d’évacuation est très réduite.

Le sommeil

La vigilance est évidemment fortement limitée dans les locaux à sommeil, les enfants en phase de sommeil notamment, présentent un important problème en cas d’alarme.

Une étude sur cette problématique a été menée en Australie par D. Bruck dans un internat. Quarante enfants de 6 à 17 ont été confrontés à une procédure d’évacuation pendant leur sommeil. Le dispositif d’alarme avait une capacité de 60dBA au niveau du couloir central. Au final, 85% de l’échantillon ne s’est pas réveillé. Parmi les 15% ayant réagit, 95% se sont réveillés dans les 32 secondes et le reste entre 32 et 64 secondes.

Alcool, médicaments

La vigilance et la capacité de réaction peuvent être aussi très réduites par la consommation de drogue, de médicaments ou d’alcool qui auront des effets sur la capacité physique, ou intellectuelle de l’individu ou sur sa perception de la situation.
C’est le cas d’une partie du public évoluant dans les discothèques, concerts, rave etc.

Capacités physiques et cognitives

Dans certains établissements, une attention particulière doit être portée au public et à leur réactivité face à une situation d’urgence.
De par leurs capacités cognitives ou physiques, handicaps, certaines personnes se reposeront entièrement sur une assistance pour évacuer.
Cette situation, attendue dans certains établissements (établissements spécialisés, services de psychiatrie etc.) peut nécessiter l’utilisation de moyens d’alarme particuliers voire d’une organisation particulière en cas d’urgence.

Lien entre les personnes, groupes

Une personne seule n’aura pas le même comportement seule ou intégrée à un groupe.
Un groupe peut être une famille, des amis, des collègues, des personnes qui sont entrés ensemble dans l’établissement et qui prévoient d’en ressortir ensemble. Des liens forts sont nécessaires pour le constituer.
Un groupé éclaté au moment de l’alarme aura tendance à se réunir avant de procéder à l’évacuation.
C’est le cas d’une famille disséminée en plusieurs endroits dans un grand magasin par exemple. Il serait inconcevable que les parents veuillent quitter l’établissement en raison d’une alarme incendie ; en laissant les enfants, au rayon jouet, livrés à eux même.

Le groupe adapte sa vitesse de déplacement en fonction du plus lent.

Rôle et responsabilités

Le rôle et la responsabilité des personnes en temps normal dans un ERP affecteront leurs comportements et celui des autres lors d’une urgence.

Un chef de rayon ou un manager par exemple garderont leur influence et leur autorité même lors d’une urgence. Les subordonnés auront tendance à se reposer sur eux et à attendre leur « accord » avant d’évacuer.

En situation d’urgence de type évacuation, un leader peut émerger du groupe, il sera alors probablement imité par les autres dans la décision d’évacuer, dans le choix des issues etc.

Implication dans une tâche

Chaque personne évolue dans un établissement, un ERP dans un but bien précis. Même en cas d’urgence, les personnes resteront conditionnées par leur objectif.

Un client qui aura passé du temps à remplir son chariot, ou celui qui aura longuement attendu son tour dans une file d’attente ne souhaite pas vraiment abandonner. Il aura du mal à se détacher de son activité.

Dans le cadre d’une évacuation, il est donc primordial de préciser aux occupants de stopper leur activité sur le champ pour se diriger vers les sorties.

Station de Métro de King’s Cross, Londres

Le 18 novembre 1987, à 19H32, un incendie se déclare dans la station de métro King’s Cross Saint Pancras, une des stations les plus fréquentées de Londres.
Au départ, le feu est identifié comme de faible importance. L’enquête mettra en avant une combustion probable de graisse et de déchets accumulés sous un escalator en bois, la source étant une allumette jetée négligemment par un passager.
La fumée gagne petit à petit les différents couloirs, le hall principal ainsi que l’entrée de la station.
Les passagers continuent toujours à évoluer dans la station sans ce soucier de cette fumée ou même de la présence de flammes car ils sont impliqués profondément dans leur tâche, une activité routinière, celle d’emprunter le métro pour rentrer chez eux. L’approche rapide du métro vers la station entraîna une importante arrivée d’air au niveau des escalators (effet de piston) ce qui propagera très rapidement l’incendie malgré l’action des équipes d’intervention. Un phénomène similaire à un Flashover aura lieu à ce moment précis dans la  station causant la mort de 31 personnes.

Focalisation sur un point

Dans les cinémas, les théâtres, les salles de concert, de conférences, les stades ou les établissements scolaires, l’attention des occupants est portée sur un point précis, une personne précise. En cas d’alarme par exemple, le public peut rester focalisé sur ce point.

Feu dans les tribunes, Bradford, Royaume-Uni
En 1985, au Royaume Uni, dans la ville de Bradford, un feu se déclara dans les tribunes d’un stade de football lors du match, cinq minutes avant la mi-temps. Le match continuait pendant que le feu, bien visible, prenait de l’ampleur. L’ensemble des spectateurs continuait à regarder le match sans vraiment réagir. Rapidement, un phénomène d’embrasement généralisé eut lieu : 56 supporters périrent.

 

 

Afin d’améliorer le temps de réponse du public focalisé sur un point, il est primordial d’agir sur ce point : stopper une représentation, utiliser les comédiens, les professeurs pour signaler l’alarme et donner des consignes appropriées au public.

Condition d’exposition au feu

Plus les personnes seront soumises aux effets du feu (fumée, chaleur, flamme), plus leur réponse sera rapide et significative. Dans le cas inverse, une personne qui ne percevra aucun signe de la situation d’urgence ne se sentira pas impliquée.

 

 

Des idées fausses à balayer…

La signalisation, les procédures le signal sonore suffisent !

Ce n’est pas parce qu’une procédure d’évacuation bien définie a été mise en place dans un établissement ; que la signalisation est présente ; que les occupants vont suivre infailliblement ces règles.

Des personnes vont faire des détours, perdre du temps, tourner en rond, inspecter les lieux alors qu’il leur est demandé d’évacuer. Cependant lorsqu’on demande, a posteriori, à ces personnes les raisons de leurs actes, on peut se rendre compte qu’ils donnent systématiquement une explication cohérente.

Autres idées fausses

Le comportement du public sera à la hauteur de son niveau de perception et de compréhension de la situation.

 

Optimiser l’évacuation de mon établissement

La formation du personnel, aspects réglementaires

Les exercices d’évacuation

Ils permettent notamment :

  • de sensibiliser l’ensemble des occupants sur leur sécurité ;
  • de vérifier que l’alarme est audible de tous les locaux et bien interprétée de tous ;
  • de sensibiliser les occupants sur le cheminement à emprunter ;
  • de relever les difficultés rencontrées ;
  • de tester les consignes ;
  • d’apporter des modifications à l’organisation de la sécurité.
Le code du travail

(…) La formation à la sécurité relative à la circulation des personnes a pour objet :

  • d’informer le salarié, à partir des risques auxquels il est exposé, (…),
  • de lui montrer les chemins d’accès aux lieux dans lesquels il sera appelé à travailler et aux locaux sociaux,
  • de lui préciser les issues et dégagements de secours à utiliser pour le cas de sinistre et
  • de lui donner, si la nature des activités exercées le justifie, des instructions d’évacuation pour les cas notamment d’explosion, de dégagement accidentel de gaz ou liquides inflammables ou toxiques.

Cette formation est dispensée dans l’établissement, lors de l’embauche ou chaque fois que nécessaire (…).
Article R231-35

Règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique

Le personnel de l’établissement doit être informé de la signification du signal sonore d’alarme générale et du signal sonore d’alarme générale sélective, si ce dernier existe. Cette information doit être complétée éventuellement par des exercices périodiques d’évacuation.
Arrêté du 25 juin 1980, modifié par l’arrêté du 2 février 1993
Art. MS 67

Organisation de l’évacuation

Les occupants de l’établissement doivent être conscients, par le biais des consignes affichées ainsi que par l’intervention des agents de prévention, que l’audition du système d’alarme correspond à l’ordre d’évacuation.
Il est important de les informer sur :

  • Les itinéraires à suivre pour gagner les sorties en cas d’alarme,
  • Le point de rassemblement à utiliser.

 

Le rôle clé de la communication en cas d’alarme

Le public soumis à l’alarme sonore va attendre énormément de la Direction et des employés :

  • L’évacuation est elle confirmée ?
  • Quelle procédure dois-je adopter ?

La Direction doit ainsi utiliser tous les moyens (techniques, organisationnels et humains) à sa disposition pour encourager le public à réagir correctement et rapidement à l’alarme incendie.

L’utilisation de la sonorisation de l’établissement (microphone et haut-parleur) est un atout précieux pour l’évacuation, en complément de l’alarme sonore.

Différentes études menées par Canter et Proulx, ont montré que les occupants auront tendance à sous-estimer la situation et l’évolution du sinistre, c’est pourquoi il est important de dire la vérité sur la situation.

La précision et la simplicité sont aussi des points déterminants afin d’éviter que des occupants perdent du temps à vérifier les informations transmises. L’intervention d’une personne « réelle » touchera plus le public que des messages préenregistrés.

Le message transmis haut-parleurs doit contenir :

  • La situation, la nature du problème (incendie, fumée, fuite de gaz etc.)
  • La localisation du problème
  • Les instructions précises (évacuation, stoppez toute activité, dirigez vous vers les issues de secours etc.)
Missions d’encadrement de l’évacuation

Le chargé d’évacuation s’assure que les consignes sont toujours actualisées et visibles.  C’est lui qui donne l’ordre d’évacuer.

Le guide file :

  • C’est une personne qui a une très bonne connaissance de l’établissement et des cheminements.
  • Il guide les occupants vers la meilleure sortie (la plus courte et la plus sûre),
  • Il doit se positionner à des endroits judicieux pour guider et faciliter au maximum l’évacuation
  • Il vérifie que tout le personnel est présent au point de rassemblement.

Le serre file

  • Il vérifie dans l’ensemble des locaux (bureaux, archives, etc.) qu’il ne reste personne,
  • il ferme toutes les portes et les fenêtres.
  • Il clos la marche afin d’éviter tout retour d’une personne en arrière.
  • Il rend compte au chargé d’évacuation que l’ensemble de sa zone a été évacué.

Le point de rassemblement :

  • Emplacements définis où tous les occupants doivent se rendre en cas d’évacuation générale,
  • Il doit être recensé sur les consignes et plans de sécurité.
  • Il doit être matérialisé.
  • Il ne doit pas gêner l’accessibilité aux façades ou l’engagement des moyens de secours.

Certains employés peuvent se trouver hors de leur zone de travail pendant l’alarme : toilettes, salle de repos, etc.

Le rôle clé des employés dans les ERP

Les employés de l’établissement auront donc un rôle déterminant dans le processus d’évacuation du public. Ils vont pouvoir faciliter l’initiation du processus par l’amélioration de la réactivité des occupants et guider le public vers une réponse appropriée. Ils seront les relais des instructions données par la Direction.

Une étude menée pas T.J. Shields et K. Boyce dans quatre situations d’évacuation de centre commerciaux Marks et Spencer en Angleterre, a mis en avant les faits suivants :
Alors que l’alarme incendie sonnait dans le magasin,
49,9% du public a pris la décision de commencer l’évacuation sous l’influence des employés de l’établissement.
33% ont réagit à l’audition de l’alarme.
15% ont été influencés par les autres clients qui évacuaient
2,1% ont été averti par les clients.

 

Ces chiffres mettent en avant l’importance des employés dans la notification de la situation d’urgence au public. Un client sur deux a entamé le processus d’évacuation sous l’influence seule des employés du magasin. Seul un tiers des clients ont réagit de manière « autonome » à l’alarme.

Dans les établissements recevant principalement des enfants (type R par exemple), et les locaux à sommeil, la présence d’une alarme ne doit pas être considérée comme un dispositif suffisant pour assurer le réveil et donc l’évacuation. L’intervention d’un adulte formé est nécessaire afin de réveiller les occupants et de guider la prise de décision du groupe et d’obtenir une évacuation efficace et sûre.

Interruption de l’activité

Dans un ERP, le public aura tendance en cas d’alarme à continuer son activité initiale en attendant une réaction des employés ou de la Direction. Le public doit basculer psychologiquement d’un environnement « normal, quotidien » à une situation d’urgence.

Ce passage en mode urgence/évacuation doit obligatoirement passer par un bouleversement de l’environnement du public et ce en complément de l’alarme:

  • Dans un cinéma, théâtre ou concert : stopper la représentation, allumer les lumières et, utiliser le point de focalisation comme aide à l’évacuation.
  • Dans une discothèque : arrêt de a musique et des effets de lumière et éclairer l’ensemble de l’espace au maximum.
  • Dans un restaurant ou un centre commercial : stopper la musique d’ambiance et stopper l’activité normale du personnel de service.

Les fausses alarmes

Des déclenchements excessifs et injustifiés d’alarmes dans un établissement vont entraîner une diminution de la réactivité des occupants.
Le personnel ne fera plus confiance au système d’alarme et n’y répondra plus. Trois alarmes injustifiées sur une année peuvent suffire à discréditer le système.

A l’issue d’une alarme injustifiée, informer les occupants sur les raisons du déclenchement ; prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que la situation se reproduise, et le faire savoir.

 

 

janvier 13, 2017

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