La Marche Générale des Opérations (MGO) de lutte contre l’incendie

LES ÉTABLISSEMENTS

Les établissements de tuyaux constituent une phase quasi systématique des opérations d’extinction, même si certaines extinctions peuvent-être menée à l’aide de moyens fixe mobiles de l’immeuble concerné ou même des moyens mobiles portables (extincteurs, seaux-pompes, couverture, etc.).
Les établissements de tuyaux sont destinés à permettre l’acheminement de l’agent extincteur aux lances, la plupart du temps de l’eau éventuellement additivée.

Le choix des tuyaux et les méthodes d’établissement sont adaptés en fonction de la situation et de ses enjeux mais aussi des contingences locales. Ce choix repose sur les principes suivants :

  • Acheminer l’agent extincteur le plus approprié en général de l’eau additive ou non,
  • Le faire dans les temps compatible avec la cinétique de l’opération,
  • Préserver le potentiel physique des équipes pour favoriser la phase de lutte
  • Anticiper les évolutions possibles du sinistre et par conséquent les prolongement ou complément à faire

L’établissement idéal et donc celui qui répond aux besoins, se fait rapidement et en sécurité, avec une économie de personnel et d’efforts. Il existe une grande variété de méthodes et techniques d’établissement qu’il convient de choisir en fonction de la nature des risques à couvrir mais aussi des contraintes de mise en œuvre.

LA PROTECTION

Les actions de protection revêtent une importance majeure car elles permettent d’éviter d’autres conséquences que celles qui sont directement liées à l’incendie (conséquences économiques par l’arrêt d’une activité et psychologique par la perte potentiel d’un élément de mémoire collective ou privée).

Protéger de quoi ?

Dans ces actions de protection on peut différencier :

  • celles qui consiste à protéger les biens des effets directs du feu et des fumées,
  • de celles qui résultent de la lutte contre l’incendie (tels que les dégâts des eaux et les éventuelles conséquences de la coupure des fluides).

Protéger comment et avec quoi ?

La protection peut concerner des biens manufacturés courants ou la construction elle-même. Il s’agit là d’une valeur financière. Mais la protection peut concerner des biens dont la valeur est patrimoniale, historique, artistique. Au-delà de leur valeur d’assurance, la destruction de ces biens peut représenter une perte définitive pour la société.

Elle peut aussi avoir pour objet de préserver des biens matériels dont la perte peut entraîner une forte complications de la vie des sinistrés dans la phase de retour à la normale. Il peut s’agir d’objets tel que des clés, des documents administratifs, justificatifs, etc.  C’est vrai pour des particuliers mais aussi pour des entreprises (fichier clients, comptabilité, disques durs, etc.).

Enfin, la protection de l’environnement se fait généralement en deux temps :

La mise en place d’actions au cours de l’opération visant à canaliser les flux liquide ou gazeux
Gestion des eaux d’extinction par le confinement voir la récupération en fonction du sinistrés des polluants concernés

  • La gestion des effluents gazeux potentiellement toxiques par la mise en place par exemple de rideau d’eau (générant de nouveaux effluents liquides potentiellement polluants),
  • Les mesures permettant de vérifier la présence ou non de polluants liquide ou gazeux,
  • La mise en place pour certains sinistre dans les heures et jours qui suivent l’opération est en lien avec les services partenaires des actions de mesure de pollution des sols et de l’atmosphère.

Là encore l’analyse systémique permet d’identifier des modes d’action portant sur la cible (déplacement de biens, isolement des points de captage d’eau potable) sur le flux (bâchage, endiguement, assèchement), mais aussi protection des fumées par la ventilation dès les premières phases de l’intervention.

Protéger quand ?

Quand l’eau ruisselle sur les biens à protéger, il est déjà trop tard. La protection peut être utile parfois avant même le début de l’extinction. C’est dès le début de l’intervention que la question se pose au COS.

LES DÉBLAIS

Les déblais permettent de faciliter l’extinction et d’éliminer les risques de reprise du feu.
Les déblais sont propices aux expositions des personnels aux toxiques gazeux, aux accidents dus à la fragilisation des structures, d’autant plus que parfois ils sont effectués par des sapeurs-pompiers qui ont participé aux phases initiales de l’intervention (fatigue, baisse de vigilance, difficultés à porter et faire porter l’ARI par exemple).

LA SURVEILLANCE

La surveillance permet de s’assurer de l’absence de reprise de feu et aussi d’assurer que des tiers ne viennent s’exposer aux risques avant que les sinistrés ou les services municipaux n’aient pu mettre en place les protections physiques et avertissements adaptés.

Le gardiennage des lieux n’est clairement pas une mission des SDIS mais les COS se doivent d’éclairer les sinistrés, à défaut l’autorité locale sur les mesures qu’il convient de prendre pour éviter les accidents.

La surveillance doit être effectuée en continu sur le site, avec les moyens de répondre à toute évolution défavorable de la situation.

Il est indispensable de ne pas sous-estimer le risque d’exposition à l’accident (chute, blessure, brûlure, etc.) ou aux toxiques (polluants de l’air et des surfaces souillées) pendant cette phase opérationnelle.